Cerisier de Sainte-Lucie ou Faux merisier
Le cerisier de Sainte-Lucie (Prunus mahaleb) est une espèce indigène du pourtour méditerranéen et de l'Europe centrale, qui s'étend naturellement jusqu'au Caucase et à l'Asie Mineure. Il affectionne les milieux secs et calcaires : coteaux ensoleillés, falaises, lisières de garrigues et de chênaies claires, où il colonise volontiers les sols pauvres et pierreux que la plupart des arbres délaissent. Petit arbre ou grand arbuste, il dépasse rarement 8 à 10 mètres de hauteur, avec un port buissonnant et tortueux très caractéristique.
Son écorce grisâtre dégage à la cassure un parfum intense, légèrement vanillé et amandé, qui le distingue immédiatement de ses congénères.
Espèce thermophile et xérophile, il supporte la sécheresse et le plein soleil avec une remarquable rusticité, ce qui en fait un acteur important des écosystèmes méditerranéo-montagnards.
Son nom de \"Sainte-Lucie\" lui viendrait d'une abbaye bourguignonne du même nom où l'arbre était autrefois cultivé pour la beauté de ses fleurs. Son usage le plus emblématique reste cependant celui de porte-greffe : le cerisier de Sainte-Lucie est depuis des siècles le support de prédilection pour greffer les cerisiers fruitiers cultivés sur sols calcaires et secs, car son système racinaire profond et sa tolérance au calcaire actif lui confèrent une robustesse que le merisier (Prunus avium) ne possède pas dans ces conditions.
Le cerisier de Sainte-Lucie est une ressource mellifère précieuse, d'autant plus appréciée qu'il fleurit dans des milieux souvent pauvres en nectar, là où peu d'autres arbres poussent. Sa floraison, légèrement plus tardive que celle du merisier — généralement d'avril à mai selon l'altitude et l'exposition —, prend la forme de grappes dressées de petites fleurs blanches très odorantes, dont le parfum doux et capiteux attire les pollinisateurs de manière remarquable. La production nectarifère est généreuse et le pollen abondant, ce qui en fait un arbre particulièrement intéressant pour les ruchers installés en zones sèches et calcaires, milieux souvent sous-dotés en ressources apicoles printanières.
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